viernes, 6 de febrero de 2026

SOR JUANA INÉS DE LA CRUZ: L’OBSTINATION DE L’OMBRE Drame Baroque en Deux Actes par Gavarre Benjamin

 


SOR JUANA INÉS DE LA CRUZ

L’OBSTINATION DE L’OMBRE

Drame Baroque en Deux Actes

par Gavarre Benjamin

(Mexique)


© INDAUTOR

CONTACT: bengavarre@gmail,com

gavarreunam@gmail.com

MEXIQUE


LE DESSEIN DE L’OMBRE : UN RETABLE BAROQUE

« Je suis la pire de toutes... et le plus grand de vos cauchemars. »

Avant d’être une icône sur un billet de banque ou une figure dans les manuels scolaires, Sor Juana Inés de la Cruz était un incendie que l’Inquisition n’a pu éteindre. Dans cette nouvelle production percutante, le plus grand prodige du XVIIe siècle prend vie, non pas comme une icône statique, mais comme une Trinité vivante : l’Enfant qui sacrifia sa chevelure pour la logique, la Courtisane qui fit de l’esprit une arme, et la Religieuse qui signa son propre silence avec son sang.


Pourquoi cette œuvre ? Pourquoi maintenant ?

  • Un Pont Moderne : Le Dessein de l’Ombre jette un pont entre les dogmes rigides du Siècle d’Or espagnol et la lutte mondiale moderne pour la liberté intellectuelle. Elle pose une question qui résonne encore : Quel est le prix à payer pour dire sa vérité dans un monde qui exige votre silence ?

  • Une Merveille Théâtrale : Soyez témoin d’un « Retable Baroque » en mouvement. Grâce à une utilisation magistrale de l’éclairage en clair-obscur, une mise en scène surréaliste et l'inclusion de la poésie originale de Sor Juana — d'une acuité dévastatrice —, la scène devient un espace où le temps se dissout.

  • Les Trois Juanas : Vivez un voyage métathéâtral unique où trois versions de la même femme s’affrontent à travers les décennies, réclamant leur identité face aux hommes — et à l’Église — qui ont tenté de les définir.


Ce qu’en dit la critique (Avant-première) :

« Un voyage intellectuel et viscéral. Elle sort la "Dixième Muse" de son piédestal pour la placer là où elle doit être : au cœur d'une révolution. »

— The Stage

« Visuellement envoûtant et d'une force rhétorique létale. Cette version de Sor Juana ne se contente pas de réciter de la poésie ; elle dissèque le patriarcat du XVIIe siècle. »

— Baroque Review


Détails de la Représentation

  • Durée : 120 minutes (avec un entracte).

  • Langue : Français (en respectant la métrique et les sonnets originaux en tant qu'ancres lyriques).

  • Thèmes : Liberté intellectuelle, condition féminine, philosophie baroque et immortalité de la parole écrite.


Ne manquez pas la première de l’œuvre qui transforme le « Phénix du Mexique » en un hymne universel pour l’esprit inquiet.


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DISTRIBUTION ET CARACTÉRISATION

  • JUANITA (L'Enfant) : Tunique simple, pieds nus, cheveux coupés court « à la hâte ». Un regard d’une fixité inquiétante.

  • JUANA INÉS (La Courtisane) : Soies lourdes, décolleté carré, cheveux en boucles élaborées. C’est le triomphe de la forme.

  • SŒUR JUANA (La Religieuse) : Tunique de laine blanche, sans l’imposant écusson pectoral, voile léger laissant deviner ses cheveux grisonnants. Une femme dans son atelier, pas sur un autel.

  • LA MORT : Présence constante, vêtue avec l’élégance d’une veuve éternelle.

  • FRANCISCO DE AGUIAR Y SEIJAS : L’Archevêque. Autorité glaciale ; il ne crie pas, il sentence.

  • ANTONIO NÚÑEZ DE MIRANDA : Le Confesseur. Un homme qui aime l’âme de Juana mais redoute son esprit. Son conflit est celui d’un père qui croit devoir aveugler sa fille pour la sauver.

  • LISI (MARÍA LUISA) : La Vice-reine. Un refuge de soie et de volonté.


ACTE PREMIER : LE MIROIR ET L'ARGILE

SCÈNE 0 : LE PORTRAIT ET LES CALAVÉRAS

DÉCOR : La cellule. Sur la table, des calaveras (crânes en sucre) portant des noms : Juana, Lisi, Antonio. Au centre, le portrait voilé.

MUSIQUE : Polyphonie vocale sans instruments, un murmure de voix sacrées.

(SŒUR JUANA entre, retire un châle lourd. JUANITA et JUANA INÉS surgissent des ombres, observant les crânes).

JUANITA : (Prenant un crâne) Celui-ci dit « Juana ». Est-ce pour manger ou pour se souvenir ?

JUANA INÉS : C’est pour sucrer la peur, petite.

SŒUR JUANA : (Dévoilant le tableau) « Ce que tu vois, ce leurre coloré... n’est qu’un vain artifice du soin... c’est un cadavre, c'est de la poussière, c'est une ombre, c'est rien. »

JUANA INÉS : Le peintre m'a volé mes insomnies. Il m'a laissé ce visage de porcelaine qui ignore le prix d'une rime.

JUANITA : (À Sœur Juana) Pourquoi as-tu les doigts noirs d'encre ? Je voulais que mes mains soient blanches pour toucher les étoiles.

SŒUR JUANA : Parce que les étoiles, l'enfant, ne s'atteignent qu'en se tachant du monde.

SCÈNE I : L’OMBRE DU CONFESSEUR

DÉCOR : Un coin de cellule aux airs de confessionnal. NÚÑEZ DE MIRANDA tient un cilice.

NÚÑEZ : Je ne puis plus vous défendre, Juana. L’Archevêque lit vos comédies et voit dans chaque vers une faille dans les murs de l’Église.

SŒUR JUANA : Quelle faille peut ouvrir un vers qui cherche l’harmonie de l’univers, Père Antonio ?

NÚÑEZ : La faille de l’orgueil. Vous voulez tout savoir, et le savoir est une mer où les femmes font naufrage. « Vous combattez leur résistance, et puis, avec gravité, vous dites que c'était légèreté, ce que votre ardeur a causé. » Vous utilisez vos propres strophes contre l’ordre qui vous protège.

JUANA INÉS : (S'approchant de Núñez) Vous m’avez cherchée pour mon salut, mais vous vous êtes délecté de ma gloire. Vous m’avez demandé d’être Lucrèce, mais vous vous vantiez de votre Thaïs devant la Cour.

NÚÑEZ : (Sincère, blessé) Je vous ai demandé d’être sainte pour ne pas avoir à vous voir brûler. Si votre plume ne se tait pas, je devrai moi-même vous livrer au feu du silence.

SCÈNE II : LA SENTENCE DE SEIJAS

DÉCOR : Oratoire de l’Archevêque. Pénombre épaisse.

AGUIAR Y SEIJAS : Francisco de Aguiar y Seijas. Mon nom est un avertissement. Je suis venu noyer les incendies de la vanité. Cette femme n’est pas une nonne, c’est un théâtre sous l’habit.

NÚÑEZ : C’est un génie prodigieux, Excellence...

AGUIAR Y SEIJAS : (Tranchant) Le prodige est un monstre s'il ne sert pas l'obéissance. Elle mesure le ciel avec un astrolabe pendant que le peuple meurt d'ignorance. Je vais lui retirer ses jouets. Que sa cellule soit, enfin, le tombeau de son orgueil.

SCÈNE III : LE PARLOIR DES ROSES

DÉCOR : Espace divisé par une grille légère. LISI et SŒUR JUANA se regardent.

SŒUR JUANA : « Ce tourment amoureux qui dans mon cœur s'égare... »

LISI : María Luisa, Juana. Appelle-moi María Luisa ; la Vice-reine reste au seuil de ces murs.

SŒUR JUANA : « Ma divine Lisi, pardonnez si je vous confonds avec le ciel... » Mais le ciel ferme ses portes. Seijas a interdit mes livres.

LISI : (Saisissant la grille) Ils ne pourront interdire ta mémoire. J’ai envoyé tes manuscrits en Espagne. Là-bas, tu seras le Phénix ; ici, sur cette terre d'ombres, tu seras la lumière qu'ils n'ont pu supporter.


ACTE SECOND : LE DÉPOUILLEMENT ET LE SONGE

SCÈNE IV : LE MIROIR DE CASTAÑO

(Note : Adaptation de "Los empeños de una casa", où un valet se travestit).

JUANA INÉS (En CASTAÑO) : « Qui dira que je suis homme ? Pas même moi ! Je me regarde en ce miroir et j'y trouve un abîme de beauté... »

JUANITA : (Se mettant une moustache de charbon) Voyez le jupon ! Voyez le manteau !

SŒUR JUANA : (Les regardant) Le voyez-vous ? L’homme s’habille en femme pour tromper le rire ; je me suis habillée en nonne pour tromper la mort de la pensée. Au final, nous ne sommes qu'un déguisement qui pourrit. Que reste-t-il quand on ôte le masque, enfant ?

JUANITA : Il reste la faim, Juana. La faim de savoir qui a mis la lumière dans la bougie.

SCÈNE V : LA SIGNATURE DE SANG

DÉCOR : La cellule vide. LA MORT tient l’encrier. SEIJAS et NÚÑEZ attendent.

AGUIAR Y SEIJAS : Signe, Juana. Livre ta bibliothèque. Vends ton astrolabe.

SŒUR JUANA : (Se pique le doigt. Silence absolu). De ce sang, je scelle ma défaite. « Ici finit la Renommée. Moi, la pire de toutes. »

NÚÑEZ : (Presque un murmure) Enfin... la paix.

SŒUR JUANA : Non, mon Père. Enfin... le désert. Mais c’est dans le désert que l’on entend le mieux les étoiles.

SCÈNE VI : LE CONCLAVE TRANSCENDANT

DÉCOR : Un espace blanc, infini. Les trois Juana se font face.

JUANITA : (Touchant le visage de Sœur Juana) Tu as des rides... comme les vieilles cartes. Est-ce moi ?

SŒUR JUANA : Je suis ce qu’il reste de tes questions, petite.

JUANA INÉS : (Regardant ses mains) J’avais des bagues de rubis... et maintenant je n'ai que des taches de sang et de vinaigre. Comment en sommes-nous arrivées là ? Comment avons-nous permis qu'on nous enferme dans ce corps, dans ce siècle ?

SŒUR JUANA : On ne nous a pas enfermées. Nous avons choisi ce costume pour que notre voix ne meure pas avec nous.

JUANITA : Mais ça fait mal. J’ai l’impression qu’on a effacé mon nom avant que j’apprenne à bien l’écrire.

SŒUR JUANA : (Les embrassant) Regardez-nous. Tu étais la graine, tu étais l'incendie, et je suis la cendre. Mais la cendre est la seule chose que le vent peut emporter partout. Ils nous ont arraché la vie, oui... mais nous sommes devenues le livre qu'ils ne pourront jamais refermer. Que reste-t-il quand on retire le déguisement ?

JUANA INÉS : Il reste l’envol.

JUANITA : Il reste le doute.

SŒUR JUANA : Il reste le songe.

SCÈNE VII : FINAL – LE SONGE ET LA PESTE

DÉCOR : La cellule grise. LA MORT éteint les bougies une à une.

SŒUR JUANA : Qu'est-ce que la vie ? Une frénésie. Qu'est-ce que la vie ? Une illusion, une ombre... Que le plus grand bien est petit, car toute la vie est songe... et les songes, songes sont.

(Juana s'effondre. Un miaulement de chat, long et profond).

ÉPILOGUE :

(JUANA INÉS apparaît au fond, rayonnante, sans habit, tenant un crâne en sucre. Une voix d'enfant récite en off).

VOIX OFF : « Hommes stupides qui accusez la femme sans raison... »

LA MORT : (Au public) Place au Phénix ! La pièce... ne fait que commencer.

NOIR TOTAL.



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